hector m'a dit

Tribulations d'hector à Perpignan, et à Nice, rumeurs, infos, balivernes, musique, gastronomie, vins et plaisir

05 janvier 2009

Depuis que j'attendais ça!

 

 

Depuis l'année 2004, c'est à dire depuis que le baron et la baronne m'ont offert cette bouteille pour un de mes anniversaires, je me demande toujours: mais avec qui vais-je la boire, avec quoi, comment... Les amis ne manquent pas mais la plupart ne sont pas très amateurs de vins liquoreux et encore moins de sauternes. Alors voilà invité par des gens férus de bordeaux je vais tenter de faire un commentaire de la dégustation de cette merveille:

 

fargues

 

Premier contact avec la bouteille, une belle robe or assez foncé. Dès l'ouverture, le climat difficile de l'année 1984 se fait ressentir par une acidité très présente mais qui procure une fraîcheur bienvenue sur ce genre de vin. Le sucre résiduel est du coup très peu marqué en bouche mais quelle longueur! Le nez est frais lui aussi, avec des notes de citron, de pamplemousse et de cire ainsi que qu'une touche végétale légère.  24 ans et pourtant aucune ride sur ce vin merveilleux. Le prochaine étape serait-elle de goûter un Yquem pour de bon? Au vu du magnifique travail effectué sur le domaine de Fargues (domaine cultivé en polyculture ce qui est rare en Bordelais), je ne doute pas que son grand frère sera encore plus somptueux.

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27 février 2008

Une oubliée sauvée de ma cave

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J'avais presque oublié qu'il me restait quelques bouteilles achetées au Mas Baux lors d'une édition du Festival Jazzèbre. J'ai ouvert récemment un velours rouge 2003 en ayant presque oublié les sensations de la première dégustation au domaine.

Le Velours Rouge est un vin de pays des côtes catalanes issu d'une culture de vigne à faible rendement; assemblage de grenache noir (79%) et de syrah (21%), il est élaboré en cuve.    

La dégustation révèle une puissance domptée par quelques années de conservation, des arômes de violette, de fruits noirs et de fourrure légèrement réglissés et le côté alcooleux auquel je m'attendais a disparu au profit d'une profondeur et d'une chaleur remarquables soutenues par une belle acidité.    
Le temps me dure de pouvoir vérifier s'il m'en reste une autre bouteille dans ma cave!

 

   
Vous pouvez toujours allez faire un tour sur le site du Mas Baux pour plus de détails techniques!

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02 septembre 2007

Les Forts de Latour 1996

Croisant le verre avec quelques amateurs de beaux flacons, j'ai eu l'occasion de goûter un verre du Les Forts de Latour 1996. Le hasard a voulu que l'on ne m'informe pas immédiatement de la nature du vin qui se présentait à moi. Et bien, pour  une surprise, ce fut une surprise, un vin sec comme un coup de trique, un nez encore sur la barrique, et une bouche astringente, une structure faible et peu propice à une garde plus longue... alors lorsque j'appris ce que je buvais, j'ai eu une réaction quelque peu véhémente, un tel vin, un tel nom, une telle réputation, un tel prix aussi et ... que penser alors?

Quoi qu'il en soit, cela ne m'aidera pas à me réconcilier avec la plupart des vins de Bordeaux fussent-ils prestigieux!

Santé et bonheur!

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03 juillet 2007

Désaltérons !!!

Je me dis toujours musicien et gastronome. En ce qui concerne la gastronomie, j'ai lu un commentaire très pertinent dans les pages d'une revue dont je tairai le nom pour ne pas faire de publicité à la Revue des Vins de France. Oliviers Poels évoquait dans ses pages (celles de la RVF il faut suivre) le fait que le vin est avant tout – tenez bien – une boisson! Mais si mais si  jeunes gens incrédules, une boisson faite à base de raisins. Et dites-moi à quoi destine-t-on une boisson? Alors...? Vous n'avez pas trouvé? à désaltérer voyons! Un vin ne le devrait-il pas? J'avoue que parfois j'ai oublié ce détail, préférant plonger mon nez dans les tréfonds de la béatitude aromatique et ne penser qu'à elle.

 

Alors moi aussi j'ai fait ma sélection pour cet été:

 

le beaujolais 2006 de Yvon Métrat

 

Du fruit, du fruit, une belle acidité, encore du fruit, le tout servi par une limpidité rare, le terroir s'exprime librement et ça se sent! Vous qui êtes las des beaujolais aux parfums douteux, foncez!
Pourquoi diable tant de négociants et producteurs peu scrupuleux s'évertuent à écouler des hectolitres de bibine pas mure chaque année le troisième jeudi de novembre?

 

Merci Yvon Métrat que je ne connais pas je me suis dit cela il y a peu:

 

« Yvon Metrat, je rêve de vos vins, je rêve de fruits interdits, de cette chair simple et naturelle qui a fait vibré mes perceptions et a laissé à ma bouche un souvenir rond, fluide et délicieux! Acidité, fruit, chair, limpidité, un vin qui respire, resplendit, lumineux comme le soleil se couchant sur la pointe du Raz, et pour une paraphrase, « éclatant en bouche comme un final de Verdi » (Pierre Desproges, à propos du Figeac 1971, merci à lui), trois fois merci! »

Vous pourrez trouver ce vin à la Part des Anges (17, rue Gubernatis 06000 Nice – 04 93 62 69 80)

Maintenant je retourne à mes vacances et je vous souhaite une belle dégustation.

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20 mars 2007

Mademoiselle de T - Pouilly Fumé

tracyJ'ai rencontré Mademoiselle de T. N'allez pas chercher là où il ne faut pas, il s'agit de l'un des Pouilly Fumé du Château de Tracy, à Tracy sur Loire, non loin de Sancerre. Une robe pale tirant sur le vert m'a donné envie de poursuivre... un nez citronné et floral, une vivacité moyenne apporte fraîcheur et équilibre à une belle minéralité si révélatrice de ce terroir. Le fruit est beau,  la persistance en bouche digne des voisins du Sancerrois.   Merci au maitre des lieux de toujours aussi bien sélectionner des vins blancs élégants et agréables autant à l'apéritif ce qui bien qu'à la table ce qui est encore mieux et merci à de Mademoiselle de T pour sa compagnie sur les fromages de chèvre.

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19 février 2007

Vent de Viognier

Une route, une route tortueuse comme on dirait "vertueuse",  des acacias robinier, le goudron chaud qui fume encore au soleil de septembre, un vent tiède qui rappelle que le midi n’est pas si loin malgré tout, quelques cailloux épars, du granit décomposé, de-ci de-là, une coulée de terre blanche comme les anciens l’appelle, quelques chaillets,  un escalier de pierre, une pente à décourager un montagnard, le Rhône en bas, calme et placide comme un serpent repu, dressé depuis bien des années, ne surprenant que de rares saisons en s’étalant sur les maisons bâties sur ses rives,  le vent, toujours tiède, soufflant dans des roseaux qui sortent d’on ne sait où, quelques chênes là-haut, sur l’autre versant de la colline, parfois l’ombre tremblante et rare d’un pêcher, bientôt celle de la crête derrière laquelle le jour finit.

La maturité, une odeur de sucre, douce, enivrante, à tituber comme une grive,  éclatante en cascades à la lumière descendante, chatouillant les sens.

Les sens commencent, de manière désordonnée d’abord, puis en ordre, comme si un processus se mettait délicatement en route, à me rappeler que peut-être, certains jours,  je suis rentré à la maison, cette maison bâtie là où Marius faisait pousser ce raisin lui aussi, pour en donner un nectar issu d’un fruit cueilli tard, que l’on croquait dans l’année, un vin si riche, si sucré, parfumé, qu’en coulant sous la langue il enivrait déjà. Je suis né trop tard. Jamais je ne pourrai goûter cette merveille, certains m'en parlent, et déjà je vibre de bonheur, comme si ma bouche recueillait les arômes tant désirés. Pourtant, ce mode de vinification revient, petit à petit, à mon grand plaisir.

Encore maintenant le vin naît sur ces pentes abruptes. Encore maintenant l'extase jaillit le long du Rhône, mais je ne crois que pas que mon coeur puisse chavirer autant que dans mon rêve. Pourtant...

Pourtant se lovent au creux de mon oreille quelques noms splendides, je le sais, le patronyme de quelques producteurs prestigieux, qui font rêver de très nombreux amateurs, Vernay, Villard,  Gangloff, Cuilleron...

Légèrement rafraîchie. Caressée des yeux, des mains, délicatement ouverte. Attendre, attendre l'instant opportun, atteindre l'équilibre entre impatience et disponibilité!

Un or pâle coule dans mon verre. Un robe dorée, luisante, une texture fine.

Puis, oserai-je? Et puis, quoi, la peur d'être déçu me trouerait-elle le ventre? Tout de même, non. Un acacia, un tilleul, une verveine fraiche, une touche de vanille délicate, un froissement de pêche et d'abricot comme si ces arbres jadis plantés aux côtés du raisin participaient au vin. Un fleur blanche, mais laquelle? Et puis, ce gras si caractéristique des viogniers qui ont vieilli, cette douceur sans nom, cet équilibre floral et fruit, cette touche herbacée en bouche soutenue par une pomme verte mure à souhait.

Tout s'efface, tout disparait pour laisser place à la palpitation intérieure, frémissement plutôt; fébrilement je reviens à mon verre.

 

« Alors? »

 

« Merveilleux! »

 

Je me laisse glisser dans mon bridge, je me cale, voilà, tout va bien.

 

 

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14 février 2007

Muskat Ottonel Kracher 2001

Ventre Saint Gris! Je sais l'expression est surannée, mais parfois cela vient sans prévenir.
Grâce à la joyeuse donation d'un compagnon de bonne chair, britannique de surcroît, le soir de mon anniversaire, nous avons goûté joyeusement un vin splendide. Splendide, je crois que le mot est même faible!

Voici donc l'objet du délit de délice:

krachermuskatottonel

L'image que j'affiche n'est en aucun cas contractuelle...il s'agit du millésime 2001 et non 1999 d'un Muskat Ottonel, Trockenbeeren Auslese, "nummer 2". Comprenez par là, une sélection de grains passerillés (à moins que je me trompe sur toute la ligne). En tout cas, imaginez une seconde votre serviteur épiant avec intérêt le maître des lieux sortant le précieux flacon avec délicatesse de son eurocave, l'oeil vif et intéressé, me la tendant accompagné d'un tire-bouchons en me disant: "Vas-y, ouvre-là, je reviens de suite....", en posant deux verres sur le comptoir!
J'ouvre donc sans me faire prier ladite bouteille de 375 ml après avoir contemplé l'étiquette et la robe or foncé à ambre du vin. Et là! Rien qu'en versant le nectar son arôme puissant m'envahit. Essayons de décrire la chose, ce n'est pas facile tant ce vin est envoûtant.

Tout d'abord, pour les craintifs, la teneur en alcool n'est que de 9,5%... Ensuite la robe est d'une exceptionnelle densité. Ambre profond. Admirable! Un nez explosif de litchi, d'ananas, de raisin sec,de miel,  puissant comme je l'ai dit mais tout en nuances. La bouche est souple, droite et compotée à la fois, sur l'ananas confit, la figue avec en finale une pointe d'amertume très appréciable après tant de douceur. La teneur en sucres résiduels doit être élevée mais le vin garde tout de même une grande fraîcheur, ce qui permet de ne pas se limiter à un verre... mais tout de même j'avoue avoir saturé au bout de trois "petits" verres, l'explosion aromatique étant tellement riche!


Petite précision plus qu'importante, le "Muscat Ottonel" n'est pas un des cépages utilisés dans l'élaboration des muscats méridionaux. Il s'agit là d'un cépage créé en France, dans la vallée de la Loire, dont l'encépagement est situé en Alsace, en Autriche, en Hongrie, en Bulgarie, en Russie et d'autres pays de l'est de l'Europe. Il se caractérise en autre par sa fraîcheur, ses baies irrégulières, ses feuilles ressemblant à celles du Chasselas et sa teneur en sucre élevée. Pour plus de précisions, consulter les ouvrages du spécialiste de l'ampélographie, Pierre Gallet.

Allez donc visiter
Kracher
Burgenlang
A7142 Illnitz
Autriche

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16 décembre 2006

Chablis Billaud-Simon

Comme le temps est doux à Nice aujourd'hui. A la fraîcheur piquante de la veille, succède un nuit douce, légèrement humide.
En sortant de ma boutique, j'ai eu l'envie déterminée de boire un verre de vin!
Poussant la porte d'une cave,  je vois sur l'ardoise un nom qui me ravis! Domaine Billaud-Simon!

 

Décidément, je suis chanceux, et je démarre la soirée par un Chablis "Tête d'Or" millésime 2005.
Un belle matière suave, une rondeur exceptionnelle, la fougue aromatique d'un jeune chardonnay, miellé, gras, fleuri et doté d'un fruit exubérant, rond, éclatant comme si je croquais dedans. C'est beau la vie...

 

Mont_de_milieuT

 

Et puis on me propose de passer sur un Chablis premier Cru "Mont de Milieu", vieilles vignes et en millésime 2001.
Alors là, nous changeons de catégorie, un premier cru de Chablis dans la fleur de l'âge, un équilibre parfait entre fruit et minéralité, une minéralité douce comme une peau, des agrumes fins, quelques fruits exotiques, un nez délicatement fleuri, plus sec que le précédent avec encore cette belle fraîcheur dont on peut rêver souvent avec les vins blancs, sans agressivité.
Que du bonheur!
De retour sur terre, la longueur du premier cru persiste, évolue encore sur des notes mures... bonne soirée!

 

Ce n'est pas le même millésime mais bon...

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04 septembre 2006

Un Rivesaltes!

Un Rivesaltes hors d'âge...

    Une jolie promenade, il y a quelques semaines de cela, m'a mené à Collioure. Vous connaissez certainement cette belle petite ville des Pyrénées-Orientales. Si ce n'est pas le cas allez donc faire un tour du côté de ce  site.

    Bref, une fois dans les rues, j'ai découvert une petite boutique nommée "Vin d'Auteurs" (située 12, rue Colbert). Une fois entré je me suis laissé guider par le vendeur, qui ma foi était fort sympathique et d'une compétence rare. Parmi les petites merveilles dont j'ai fait acquisition, un Rivesaltes, un Rivesaltes hors d'âge, 100% Malvoisie, du Domaine Lheriter.

    Le Rivesaltes est un vin doux naturel, c'est à dire qu'il est obtenu par mutage (ajout d'alcool pour arrêter la fermentation et conserver le sucre contenu dans le moût et la fraîcheur des arômes).
Différents cépages entrent dans sa composition (grenache blanc, grenache gris, muscat à petits grains, muscat d'Alexandrie, macabeu, tourbat pour les Rivesaltes blanc, ce qui est le cas ici, grande majorité de la production).
    La différence avec cette bouteille, est que l'unique cépage utilisé  est la Malvoisie, un cépage du pourtour méditerranéen (ou  torbat, tourbat, malvoisie des Pyrénées -Orientales... pour plus de précision se reporter aux ouvrages ampélographiques de Pierre Galet).
    C'est un Rivesaltes hôrs d'âge, cela signifie qu'il a passé au moins 5 ans en fûts de chêne (2 ans pour les Rivesaltes ordinaires), et là, l'élevage a été de 25 ans... 25 ans en milieu oxydatif, 25 ans de patine, d'évaporation, de mutation des arômes et de concentration!

    Ah! Bonheur, une robe allant du doré à ambre,  un nez de coing, de fruits confits, d'amandes, de noix, une légère touche de fleurs blanches, une bouche franche, droite, laissant en finale quelques traces herbacées, et une longueur bon sang, une longueur incroyable!  Cette fraicheur et ce plaisir renouvelés à chaque micro-gorgée, je ne l'ai rencontré que dans les très grands liquoreux du Bordelais, les Tokays hongrois et un Rivesaltes (50 ans de fût, mis en bouteille en 2000), acheté au Comptoir des Crus, 67, avenue du Général Leclerc 66000 Perpignan!

    Je suis si ému que je n'en dirai pas plus pour l'instant. Bonne dégustation si vous passez par ici!

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